Archives par mot-clé : Histoire Contemporaine

Christine Leyder. Compte-rendu de lecture de l’ouvrage d’Ivan Jablonka : Mesurer la souffrance des enfants abandonnés

Il n’existe rien de plus fulgurant et de plus traumatisant pour un enfant que d’être séparé de toute figure parentale dès son plus jeune âge. Quand abandon rime avec traumatisme… L’Assistance publique des XIXe et XXe siècle doit percevoir, comprendre et répondre alors aux besoins des enfants qu’elle se doit de protéger, éduquer et insérer dans la société avec le concours des familles nourricières. Mais, la lecture des sources témoigne de l’inadéquation des réponses de l’Assistance publique face aux troubles psychologiques et psychosomatiques des enfants abandonnés. Avec ses écrits, Ivan Jablonka redonne la parole à ces enfants et une réelle place dans l’histoire.

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Anne Mariotti. Compte-rendu de lecture Jean Norton Cru.

Jean Norton Cru n’est pas vraiment historien. Il est au départ surtout professeur d’anglais. Il participe à la Première Guerre Mondiale, ce qui le marque considérablement. En 1922, il entreprend un pèlerinage à Verdun, bataille à laquelle il a d’ailleurs participé. En 1923, il commence à lire tous les témoignages sur ce sujet. Il publie un premier essai, Témoins : essai d’analyse et de critique des souvenirs de combattants édités en français de 1915 à 1928. Pacifiste, il a pour objectif que la guerre ne se reproduise plus. Je vais vous présenter Du Témoignage, la version abrégée de Témoins.

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Pierre Plumelet. Compte-rendu de lecture de l’ouvrage d’Hadrien Collet : Le sultanat du Mali, Histoire régressive d’un empire médiéval

Ce livre est la version remaniée de la thèse d’Hadrien Collet, soutenue en 2017. Il se veut comme une porte d’entrée sur les différents savoirs accumulés concernant le Mālī médiéval. L’ouvrage est structuré en trois grands pôles historiographiques. L’originalité de l’ouvrage est de partir du présent afin de remonter le passé, à la manière d’un archéologue dégageant les couches successives lors d’une fouille.

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Louvier Danae. Le chanoine Kir, un destin entre Rabelais, soutane et politique. Première partie.

Il n’est pas sans intérêt dans le contexte actuel de s’interroger sur la laïcité et de découvrir la vie publique et politique d’un religieux sous la République. Certes, le chanoine Kir n’est pas le premier prêtre à avoir été député sous la Troisième République, il y en a déjà eu, mais il est un des seuls religieux à être présent à l’Assemblée  nationale sous la IVème et surtout sous la Vème République.

Son parcours, s’il n’est pas exemplaire en matière de religiosité à l’image de celui de son collègue député, l’Abbé Pierre, donne cependant un éclairage sur les rapports entre religion et société dans la France du XXèmesiècle. Son itinéraire  est remarquable. Félix Kir traverse les grandes crises du XXème siècle, tant nationales qu’internationales, la séparation de l’Église et de l’Etat, la Première Guerre mondiale, l’Occupation, la Guerre Froide, en tant qu’acteur et non spectateur.

Le personnage, tant le religieux que le politique, marqué par une longévité politique hors du commun, est aussi un homme inoubliable, truculent, souvent excessif dans ses  propos, à la répartie remarquable. Enfin, il a le rare privilège d’avoir fait de son nom de famille un nom commun, “le kir ”  !

A l’image d’un Jean Dutour ou d’un Guy Roux, Félix Kir fait partie des figures emblématiques qui caractérisent l’âme bourguignonne. Je me propose d’étudier ce singulier personnage en deux parties, la première consacrée à sa vie « d’ecclésiastique » et la seconde à sa vie politique et à ses convictions. La première partie est présentée dans cet article. La seconde partie fera l’objet d’un article à venir.

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Olivier Demain. Exposition Forces Spéciales : Anatomie d’un combattant

Le musée de l’Armée présente du 12 octobre 2022 au 29 janvier 2023 la première exposition consacrée aux forces spéciales françaises.

30ème ANNIVERSAIRE DE LA CREATION DU COMMANDEMENT DES OPERATIONS SPECIALES (COS)

Cette événement propose une immersion au cœur des unités d’exception de l’armée française.  Une rencontre d’autant plus singulière que l’action de ces hommes est par définition discrète. Il s’agit, en effet, de mener des « opérations ciblées mais non clandestines, visant à atteindre des objectifs d’intérêt stratégiques par des modes d’action et des techniques spécifiques sur ordre des plus hautes autorités politiques »1 .

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  1. Selon la définition proposée par les commissaires de l’exposition [↩]

Vincent Leglaive. De l’usine en mouvements à l’usine en mouvement 1980-2010 : les quatre révolutions de Renault Flins.

Que l’on nous excuse d’emblée ce titre pour le moins étrange, mais à y regarder de plus près (et nous l’expliquerons ultérieurement), il reflète bien la transformation de l’usine de Flins qui, en 2022, soufflera ses 70 bougies. Entrée en service en 1952 et (pour quelques années encore…) plus vieille usine de production de véhicules du Groupe Renault, la “vieille dame yvelinoise” fait encore figure de site industriel emblématique majeur à la fois au cœur de son territoire comme dans le paysage industriel français, au sein des usines du Groupe Renault comme de celles de l’Alliance, auréolée de ses récentes productions de Zoe, premier véhicule électrique (VE), et de Nissan Micra1 . Et si l’atterrissage final de la production de véhicules est annoncé en douceur pour 2024, c’est pour mieux laisser la place à la “Re-Factory”, premier site industriel en Europe dédié à l’économie circulaire sur l’ensemble de la chaine de valeur de la mobilité. Cet anniversaire est l’occasion de revenir sur la contribution de l’usine à l’industrie autant qu’à la mobilité, forte des 20 modèles différents qui sont passés sur ses lignes de production comme de son cumul qui dépasse à ce jour les 18 000 000 unités produites !

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  1. La Nissan Micra est le premier véhicule de l’Alliance conçu par un des partenaires et produit en première industrialisation dans un site de l’autre partenaire [↩]

Henri Grossin. Les manuels scolaires polonais et l’histoire de la Shoah – Résumé de l’intervention d’Ewa Tartakowsky à l’Université de Nanterre le 17 novembre 2022

Ewa Tartakowsky est sociologue, chargée de recherche au CNRS, membre de l’Institut des sciences sociales du politique (UMR7220) et chercheuse rattachée au Centre de civilisation française et d’études francophones (CCFEF) à l’université de Varsovie. Après avoir travaillé sur la production littéraire des écrivains d’origine judéo-maghrébine en France postcoloniale, elle étudie les politiques de l’enseignement de l’histoire en Pologne. Elle enseigne à Sciences Po Paris et au Nouveau collège d’études politiques (Université Paris-Nanterre-Université Paris 8).

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Antoine Emeury. Laurent Bouvet, trajectoire d’un intellectuel engagé (1968-2021)

Les intellectuels peuvent-ils encore influer sur les idées au sein des partis politiques ? C’est la question qui sous-tend la vie du professeur de sciences politiques, Laurent Bouvet qui a perdu la vie précocement le 18 décembre 2021 des suites d’une maladie fulgurante. Auteur, essayiste, professeur, membre du conseil des sages de la laïcité. Laurent Bouvet, longtemps engagé au parti socialiste, a partagé sa vie entre réflexion théorique et engagement partisan. Spécialiste des Etats-Unis au début de sa carrière, Laurent Bouvet s’est fait en premier lieu l’analyste de ce qu’il appelait le « tournant identitaire » en Amérique, mouvement ayant d’après lui modifié l’articulation du pluralisme démocratique américain. Puis dans un second temps, il a consacré son œuvre à une réflexion sur la question de l’identité dans la société française et analysé les modifications programmatiques qui en sont issues notamment au sein de la gauche française. La publication en 2015 du livre « L’insécurité culturelle, sortir du malaise identitaire français » a posé le principe d’une vision de gauche sur les tensions communautaires et la nécessité de redéfinir le pacte républicain autour de la laïcité. Marchant sur une ligne de crête entre les idées promues par les « décoloniaux » de gauche et les « identitaires » de droite, Laurent Bouvet a tenté de faire la promotion de la vision universaliste du modèle républicain français. Au-delà des idées, il a été à l’origine du mouvement Le Printemps républicain qui œuvre pour la défense de la laïcité et de l’universalisme républicain.

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Léo Noraz. La Grande Vapeur : à la découverte d’un monument emblématique d’une vallée.

Nichée entre Genève et Lyon, dans le Haut Bugey, la ville d’Oyonnax est au cœur de la « Plastics Vallée ». Pôle industriel d’importance nationale, le territoire est aussi riche d’un patrimoine qui témoigne de son passé manufacturier. La Grande Vapeur, bâtiment industriel construit au début du XXe siècle, est un vestige de l’avancée technologique qui a donné une nouvelle dimension à l’activité économique de la région et permet aux visiteurs de découvrir l’organisation du travail autrefois, les techniques et un savoir faire singulier.

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Anne Mariotti. Les Juifs de Tunisie pendant la Seconde Guerre mondiale

Le sort des sépharades pose question. La littérature à ce sujet est très peu documentée. La Tunisie fut pourtant occupée par les États italiens et allemands durant la Seconde Guerre mondiale et les occupants mirent en place des camps de travail pour les hommes juifs tunisiens (dont le plus connu est celui de Bizerte). Nous pouvons donc élaborer cet épisode en quelques points.

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