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Marion Pradoux. À la recherche de Mme Dupré de Saint-Maur, tentative d’incursion dans un salon parisien oublié du XVIIIe siècle

L’objectif de la microhistoire n’est pas de réduire l’analyse historique à l’anecdotique, mais à l’inverse d’éclairer différemment les grands événements ou phénomènes historiques. Cette approche autorise « une reconstitution du vécu inaccessible aux autres approches historiographiques », mais permet également de repérer les « structures invisibles » autour desquelles ce vécu est organisé1. En d’autres termes, elle permet ainsi d’une part de lever le voile sur des personnes jusqu’alors ignorées par l’historiographie et, d’autre part, d’analyser et comprendre leur participation à la « grande histoire ». La microhistoire permet ainsi de combler les lacunes induites par les pratiques privilégiant des sources et en négligeant d’autres, à travers la restitution d’expériences individuelles. Aucune étude n’a jusqu’à présent été consacrée à Mme Dupré de Saint-Maur. Elle n’est que très rarement mentionnée dans les analyses, peu nombreuses, des travaux de son mari, membre de l’Académie française. Son nom apparaît parfois dans le cadre d’éditions de correspondances d’hommes des Lumières comme Montesquieu. Enfin, les travaux portant sur son fils Nicolas, intendant de Berry puis de Guyenne, n’ont guère été l’occasion d’approfondir l’étude de Mme Dupré de Saint-Maur. L’enjeu de mes travaux est de dépasser une connaissance superficielle de l’épouse, la mère ou l’amie de tel homme, mais bien de s’intéresser à Mme Dupré de Saint-Maur pour elle-même. Femme de son temps, Mme Dupré de Saint-Maur tient salon. Il m’a semblé intéressant de travailler sur les formes de sociabilité de la noblesse et plus spécifiquement sur la sociabilité du salon robin, ses pratiques sociales et culturelles. Rare espace de sociabilité structuré autour d’une femme2, le salon constitue un lieu d’étude intéressant pour essayer de comprendre le réseau relationnel de Mme Dupré de Saint-Maur ainsi que son positionnement vis-à-vis des idées nouvelles des Lumières, malgré le très faible nombre de sources mentionnant ce salon de la rue Michel le Comte.

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