Parler des reines d’Égypte, c’est évidemment penser à Cléopâtre VII la sulfureuse, l’ambitieuse Arsinoé II, ou plus anciennement la sublime Néfertiti ou Néfertari l’adorée. Mais beaucoup d’autres reines eurent un impact sur l’Égypte ancienne, sur sa politique, sa religion et sur ses idéaux artistiques. Bérénice II[1] devint l’une des plus puissantes reines d’Égypte (elle est la première reine à battre monnaie à son effigie). Si elle fut particulièrement célèbre de son vivant à travers les royaumes nés de l’effondrement de l’empire d’Alexandre le Grand, elle est largement oubliée par l’histoire, effacée par l’une de ses descendantes, la puissante et dangereuse Cléopâtre VII.
Derrière la façade discrète du 59 avenue Foch se cache un lieu singulier : le Musée d’Ennery, placé sous l’administration du Musée national des arts asiatiques – Guimet. Peu connu du grand public, cet hôtel particulier du XIXᵉ siècle abrite une remarquable collection d’œuvres japonaises, chinoises et coréennes rassemblées par Clémence d’Ennery (1823 – 1898). Conçu dès l’origine pour accueillir ses trésors, l’hôtel particulier se transforme en un véritable musée, où chaque salle et chaque vitrine témoignent de la fascination de sa propriétaire pour l’Extrême-Orient.
Musée d’Ennery, 59 avenue Foch, 16e arrondissement, Paris.
Une passion reflétée dans la collection
Cette passion se reflète dans ses acquisitions variées : poupées daruma, coffre Nanban en laque, céramiques chinoises, masques, chimères… mais surtout une collection exceptionnelle de 2 500 netsuke1. Ces petits accessoires japonais, utilisés pour suspendre des objets à la ceinture des kimono2, présentent souvent des motifs inspirés du folklore, de la nature ou du quotidien et se réalisent dans différents matériaux, comme le bois ou l’ivoire. Le bois reste cependant le matériau de prédilection, choisi pour sa disponibilité, sa souplesse et son coût abordable. Parmi les essences utilisées : ébène, cyprès, paulownia, bambou et buis. Selon Alain Ducros3, « pour l’amateur, les netsukes qui ont le plus de valeur sont les ouvrages en bois… [ils] expriment mieux que l’ivoire les moindres nuances de l’individualité de l’artiste ».
Collection de netsuke et de Masque Nô exposés au Musée d’Ennery, Paris.