Cet article vous propose un voyage dans la baie d’Ha Long au Nord-Est du Vietnam, dans la mer de Chine méridionale, également appelée “mer de l’Est” au Vietnam. Cette baie, aujourd’hui connue pour ses décors paradisiaques, où les touristes affluent en masse pour réaliser des croisières, a été lors de la guerre du Vietnam (1954–1975) un espace indirectement concerné par le conflit opposant les forces du Sud-Vietnam, soutenues par les États-Unis, aux forces du Nord-Vietnam (République démocratique du Vietnam) et au Front national de libération du Sud-Vietnam soutenu par la Chine et d’autres pays communistes. Continuer la lecture de Ambre JOSSINET. La grotte-hôpital de Cát Bà : un dispositif stratégique et symbolique de la guerre du Vietnam (1954 – 1975)
Archives de catégorie : Travaux libres
Raphael DAHL. Vulgariser l’histoire sur YouTube : entre liberté éditoriale et rigueur scientifique – Entretien avec Benjamin Brillaud, le créateur de la chaîne Nota Bene
Avec 2,7 millions d’abonnés, la chaîne YouTube Nota Bene compte aujourd’hui parmi les références francophones de la vulgarisation historique en ligne. Depuis sa création en 2014, elle propose des formats ambitieux sur des sujets aussi divers que la guerre d’Indochine, le boulangisme, ou encore la civilisation aztèque. Son créateur Benjamin Brillaud a accepté de revenir sur ses méthodes de travail, ses choix éditoriaux et sa conception de la médiation historique. Continuer la lecture de Raphael DAHL. Vulgariser l’histoire sur YouTube : entre liberté éditoriale et rigueur scientifique – Entretien avec Benjamin Brillaud, le créateur de la chaîne Nota Bene
Iliana MEDHMED. Quand l’histoire médiévale façonne Westeros : la Grande-Bretagne et ses échos fictionnels
Le Monde médiéval de Westeros
A première vue, l’univers fantastique de G. Martin sort de son imaginaire. Et pourtant, rien ne s’invente vraiment, et l’auteur de la très connue saga Game of Thrones ne fait pas exception. Dans cette première partie d’article, voyons les liens entre Westeros et l’Angleterre médiévale.
En Terre (pas) inconnue : les Heptarchies britannique et westerosi
Proche par la taille de l’Amérique du Sud, Westeros évoque d’avantage la Grande-Bretagne, de par sa configuration géographique et son histoire. De fait, ces deux royaumes insulaires ont plus d’un point commun. Westeros est souvent appelé « le royaume des Sept Couronnes » du fait des maisons royales à la tête des sept régions qui le constituent. Le passé de ce continent se caractérise par des invasions successives de populations. Parmi celles-ci, la dernière, celle des Andals venus de l’Est, est à l’origine de la formation des sept royaumes indépendants : le Nord, le Conflans, les Terres de l’Ouest, le Val d’Arryn, le Bief, les Terres de l’Orage et Dorne. Continuer la lecture de Iliana MEDHMED. Quand l’histoire médiévale façonne Westeros : la Grande-Bretagne et ses échos fictionnels
Raphael Dahl. Naissance d’une administration forestière : la Normandie médiévale comme laboratoire. Entretien avec Danny Lake-Giguère
La parution aux éditions Classiques Garnier de l’ouvrage de Danny Lake-Giguère, Administrer les forêts royales en Normandie au Moyen Âge (1204-1328), constitue une contribution notable à un champ historiographique en plein essor, celui de l’histoire médiévale de l’environnement. L’ouvrage est la version condensée de sa thèse soutenue en 2020 en cotutelle avec l’Université de Rouen Normandie et l’Université de Montréal. Ce travail de recherche s’attache à détailler le processus selon lequel l’administration forestière se construit progressivement en Normandie aux XIIIe et XIVe siècles. À l’occasion de cet entretien, l’auteur revient sur la genèse du projet, les choix méthodologiques qui l’ont guidé, les principales conclusions qu’il permet de tirer, et les perspectives de recherche qu’il ouvre.
Juliette Petitfils. Une découverte : Le musée des Beaux-Arts de Rouen
Le musée des Beaux-Arts de Rouen possède une collection permanente très impressionnante et des plus enrichissantes.
À la suite d’une visite à l’automne, j’ai été charmée par les œuvres qu’il met en avant dans ses collections permanentes. Idéalement situé sur l’esplanade Marcel-Duchamp, le site est accessible en bus ou en métro, avec cinq minutes de marche.
Le musée tire ses origines de la Révolution française, avec une première ouverture en 1801. Une dizaine d’années plus tard, à la suite d’un élargissement des collections et aux espaces d’exposition vieillissants, le musée lance un projet d’agrandissement. L’architecte choisi est Louis Sauvageot ; sous sa direction, en 1888, ouvrent la plupart des salles du site actuel. Comme dans chaque musée des Beaux-Arts, les collections regroupent peintures, sculptures et autres objets du XVe siècle à nos jours.
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Louane Graeffly. L’une chante, l’autre pas comme archive du féminisme des années 1970
Étudier L’une chante, l’autre pas (1977) avec un regard d’historienne, ce n’est pas traquer les anachronismes. C’est analyser comment Agnès Varda, en tant que contemporaine engagée, construit une archive de la deuxième vague du féminisme. Plus qu’une fiction, ce film est le miroir d’une époque en pleine ébullition.
OLIVIER FLORA. À LA RENCONTRE DE FLORA TRISTAN
Nez droit, visage ovale, chevelure d’andalouse et grands yeux sombres. Grâce aux témoignages de ses contemporains, nous savons que Flora Tristan était une très belle femme. Ce qu’elle vivait d’ailleurs comme un fardeau : « j’ai l’énorme malheur d’être jolie femme », car on l’écoutait moins pour ces idées que pour lui plaire. On apprend également qu’elle ne ménageait pas ses interlocuteurs et les personnalités qui croisaient son chemin. Ses critiques acerbes et péremptoires, son caractère impétueux, lui valaient un certain nombre d’inimitiés et des avis très contrastés sur ses actions. Continuer la lecture de OLIVIER FLORA. À LA RENCONTRE DE FLORA TRISTAN
VINCENT DUCRUET. MME VIGÉE-LEBRUN : HISTORIOGRAPHIE D’UNE GRANDE FIGURE DE FEMME-PEINTRE
En 2019 le portrait de l’ambassadeur d’Inde en France, Muhammed Dervish Khan, en voyage à Paris dès 1788 est vendu au prix de 7,18 millions de dollars (6,25 millions1. Le diplomate cherche alors auprès du roi de France un soutien contre la Grande-Bretagne qui menace de placer sous tutelle son pays. La vente de ce tableau d’Élisabeth Le Brun.
Née en 1755 à Paris, Élisabeth Le Brun obtient une reconnaissance internationale en devenant la portraitiste de la reine Marie-Antoinette, de la cour de France, puis des grandes figures européennes exilées. Artiste connue et reconnue de son vivant, son héritage subit pourtant un effacement progressif au cours du XIXème siècle, presque total au XXème, avant de revenir sur le devant de la scène ces dernières décennies. Continuer la lecture de VINCENT DUCRUET. MME VIGÉE-LEBRUN : HISTORIOGRAPHIE D’UNE GRANDE FIGURE DE FEMME-PEINTRE
- Palasse-Leroux Elodie, Mohammed Dervish Khan, le portrait d’une France au bord de la Révolution, [https://www.slate.fr/story/173616/histoire-art-portrait-mohammed-dervish-khan-elisabeth-vigee-le-brun-revolution], consulté le 8 décembre 2025. [↩]
HUGO TINCHANT. LA TRILOGIE AUTOBIOGRAPHIQUE DE VITALI KANEVSKI
À travers Bouge pas, meurs, ressuscite (1989), Une vie indépendante (1992) et Nous, les enfants du XXème siècle (1994), Vitali Kanevski dépeint son enfance en URSS au moment où celle-ci s’effondre : une manière d’enterrer sa vie de jeune garçon ?
Bouge pas, meurs, ressuscite (1989) : une peinture du stalinisme encensée par la critique occidentale

La perestroïka est initiée en avril 1985 par Mikhaïl Gorbatchev, entraînant la mise en œuvre d’importantes réformes économiques, politiques et sociales, la démocratisation générale de toutes les sphères de la vie et la mise en place d’une politique de glasnost : un assouplissement de la censure et une liberté d’expression élargie. Cette politique entraîne un dégel du cinéma soviétique lors du Ve congrès des cinéastes en mai 1986. Elem Klimov, qui avait grandement souffert de la censure, est nommé Premier Secrétaire et une nouvelle ligne de conduite est adoptée : suppression de la tutelle du Goskino (ministère du cinéma) et de toute censure idéologique et morale, libération de la production cinématographique et enfin création d’une Commission des conflits destinée à liquider les séquelles de la censure en approuvant des œuvres autrefois interdites1. L’un des symboles du dégel est Le Repentir (1984) de Tenguiz Abouladze qui, à travers un personnage principal hybride évoquant à la fois Staline, Beria, Hitler et Mussolini, dresse une critique du totalitarisme. Interdit par Brejnevlors de sa conception et interdit de projection par ses successeurs Andropov et Tchernenko, il sort finalement en 1987 après son passage devant la Commission des conflits. Bouge pas, meurs, ressuscite (1989) s’inscrit dans cette dynamique : son réalisateur Vitali Kanevski est lui aussi un réalisateur classé indésirable par l’institution soviétique brejnévienne et il est donc contraignant pour lui de mener son activité artistique. Il a purgé, de 1966 à 1974, une peine de huit ans en camp de travail pour un viol qu’il assure n’avoir jamais commis. Il affirme qu’il s’agit d’un coup monté du KGB, à la suite de son refus d’être leur informateur, et que la jeune femme qui l’a accusé – fille d’un colonel du KGB – est revenue sur sa déposition et a demandé à l’administration à ce qu’il soit gracié2. De plus, son film autobiographique s’inscrit dans un mouvement issu de l’Europe de l’Est qui présente à l’Occident les dérives du marxisme-léninisme (stalinisme) dans l’URSS et ses satellites. Enfin, Vitali Kanevski vécut de larcins dans le village côtier et minier Soutchan (aujourd’hui nommé Partizansk) dansl’Extrême-Orient russe faisant de lui un ennemi de l’exemplarité soviétique. Continuer la lecture de HUGO TINCHANT. LA TRILOGIE AUTOBIOGRAPHIQUE DE VITALI KANEVSKI
- GODET Martine, La pellicule et les ciseaux : la censure dans le cinéma soviétique du Dégel à la Perestroïka, CNRS Éditions, Paris, 2010. [↩]
- СТАС ТЫРКИН, Виталий Каневский : «Мужик в Каннах сказал, что виски лучше водки, – как я могтакое стерпеть ?!», [https://www.kp.ru/daily/24605/776216/], consulté le 4 mars 2026. [↩]
ANNA HIJAZI. DURHAM – MISE EN LUMIÈRE SUR L’HISTOIRE D’UNE CITÉ MÉDIÉVALE ANGLAISE
Durham est une ville bien méconnue, et pourtant, elle est le centre d’une histoire politique et religieuse très riche. Elle est située au nord-est de l’Angleterre, tout près de Newcastle upon Tyne, non loin de la frontière écossaise. Son histoire, principalement médiévale, n’est que très peu connue. Ayant eu la chance de partir l’an dernier en échange dans cette ville, je profite de la visibilité de ce blog pour la mettre en la lumière. Je vais donc proposer dans cet article un aperçu de l’histoire médiévale de Durham. Je commencerai tout d’abord par me concentrer sur l’histoire religieuse de Durham, notamment à travers l’étude de saint Cuthbert, saint patron de la ville. Ensuite, sur l’histoire politique, en étudiant le rôle des prince-évêques au Moyen Âge et la question de leur autonomie par rapport au pouvoir royal anglais. Enfin, je finirai par une histoire du genre, en me concentrant sur le rôle de la reine d’Angleterre Philippa de Hainaut durant la bataille de Neville’s Cross, qui prit place en 1346 pendant la guerre de Cent Ans. Continuer la lecture de ANNA HIJAZI. DURHAM – MISE EN LUMIÈRE SUR L’HISTOIRE D’UNE CITÉ MÉDIÉVALE ANGLAISE