Archives par mot-clé : Histoire Contemporaine

Marion Pradoux. À la recherche de Mme Dupré de Saint-Maur, tentative d’incursion dans un salon parisien oublié du XVIIIe siècle

L’objectif de la microhistoire n’est pas de réduire l’analyse historique à l’anecdotique, mais à l’inverse d’éclairer différemment les grands événements ou phénomènes historiques. Cette approche autorise « une reconstitution du vécu inaccessible aux autres approches historiographiques », mais permet également de repérer les « structures invisibles » autour desquelles ce vécu est organisé1. En d’autres termes, elle permet ainsi d’une part de lever le voile sur des personnes jusqu’alors ignorées par l’historiographie et, d’autre part, d’analyser et comprendre leur participation à la « grande histoire ». La microhistoire permet ainsi de combler les lacunes induites par les pratiques privilégiant des sources et en négligeant d’autres, à travers la restitution d’expériences individuelles. Aucune étude n’a jusqu’à présent été consacrée à Mme Dupré de Saint-Maur. Elle n’est que très rarement mentionnée dans les analyses, peu nombreuses, des travaux de son mari, membre de l’Académie française. Son nom apparaît parfois dans le cadre d’éditions de correspondances d’hommes des Lumières comme Montesquieu. Enfin, les travaux portant sur son fils Nicolas, intendant de Berry puis de Guyenne, n’ont guère été l’occasion d’approfondir l’étude de Mme Dupré de Saint-Maur. L’enjeu de mes travaux est de dépasser une connaissance superficielle de l’épouse, la mère ou l’amie de tel homme, mais bien de s’intéresser à Mme Dupré de Saint-Maur pour elle-même. Femme de son temps, Mme Dupré de Saint-Maur tient salon. Il m’a semblé intéressant de travailler sur les formes de sociabilité de la noblesse et plus spécifiquement sur la sociabilité du salon robin, ses pratiques sociales et culturelles. Rare espace de sociabilité structuré autour d’une femme2, le salon constitue un lieu d’étude intéressant pour essayer de comprendre le réseau relationnel de Mme Dupré de Saint-Maur ainsi que son positionnement vis-à-vis des idées nouvelles des Lumières, malgré le très faible nombre de sources mentionnant ce salon de la rue Michel le Comte.

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Mayeul Gattus-Ferriol. “À l’ombre de l’histoire des autres” de Camille Lefebvre

Publié aux éditions de l’EHESS en 2022, cet ouvrage est un essai d’histoire familiale. L’historienne Camille Lefebvre, spécialiste de l’Afrique coloniale, y fait un pas de côté pour retracer les trajectoires familiales qui ont mené à la présence de ses quatre grands-parents à Paris dans les années 1950. Il s’agit de trajectoires familiales diverses, marquées par l’exil.

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Chloé Gondo. Une enquête collective à partir de sources militantes : Monique Hervo et le bidonville de Nanterre La Folie

De janvier à avril 2026, Annick Lacroix, maîtresse de conférences à l’Université Paris Nanterre (IDHES) et spécialiste de l’Algérie pendant la période coloniale, et Muriel Cohen, maîtresse de conférences à Le Mans Université (TEMOS) et autrice d’une thèse consacrée au logement des travailleurs algériens après la Seconde Guerre mondiale1, ont co-animé un séminaire sur les conditions de vie au sein du bidonville de La Folie à Nanterre dans les années 1960. Cette enquête réalisée à partir de sources orales collectées à l’époque a permis à des étudiant.e.s de première et deuxième année du master d’histoire de l’Université Paris Nanterre de contribuer à la préparation d’une exposition consacrée à la militante franco-algérienne Monique Hervo et prévue à Nanterre, à La Contemporaine, en 2029.

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Ambre Jossinet. « Ouvriers, Eigensinn et politique dans l’Allemagne du XXᵉ siècle » d’Alf Lüdtke

L’article de Alf Lüdtke, « Ouvriers, Eigensinn et politique dans l’Allemagne du XXᵉ siècle » est publié en 1996 dans la revue actes de la recherche en sciences sociales, fondée en 1975 par le sociologue Pierre Bourdieu et des chercheurs du Centre de sociologie européenne. Continuer la lecture de Ambre Jossinet. « Ouvriers, Eigensinn et politique dans l’Allemagne du XXᵉ siècle » d’Alf Lüdtke

Benjamin Duval. L’épouse, ou la dérive de la mission de l’attaché militaire Humières

Dans les milieux diplomatiques et militaires, la séparation entre sphère privée et sphère professionnelle constitue un principe essentiel du bon fonctionnement des missions à l’étranger. Cela est notamment le cas dans le cadre du rôle des attachés militaires, officiers en poste au sein des ambassades, chargés à la fois de représenter les intérêts militaires de leur pays et de recueillir des informations sur les armées étrangères, et appelés à agir en étroite coordination avec le chef de mission diplomatique afin de garantir une unité de vue et d’action1. Cette exigence confère à leur fonction un caractère particulièrement sensible, où toute perturbation des équilibres internes peut avoir des répercussions directes sur la conduite de la mission. Pourtant, cette frontière se révèle parfois poreuse.

À travers le cas du lieutenant-colonel d’Humières, attaché militaire français en Roumanie entre 1923 et 1925, il apparaît que l’irruption de la sphère familiale, loin d’être anodine, peut contribuer à un dérèglement progressif de la mission. Dans ce cadre, l’étude de ce cas met en lumière les effets concrets d’une sociabilité mondaine encouragée par la présence de l’épouse, ainsi que ses conséquences sur la conduite et la perception d’une mission diplomatique.

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Louane Graeffly. L’une chante, l’autre pas comme archive du féminisme des années 1970

Étudier L’une chante, l’autre pas (1977) avec un regard d’historienne, ce n’est pas traquer les anachronismes. C’est analyser comment Agnès Varda, en tant que contemporaine engagée, construit une archive de la deuxième vague du féminisme. Plus qu’une fiction, ce film est le miroir d’une époque en pleine ébullition.

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Nathan Dylis. « Quartier » et expériences politiques dans les faubourgs du nord-est parisien en 1848

Qu’est-ce qu’un voisin ? Ces mots ouvrent l’article de Laurent Clavier, professeur d’histoire-géographie et spécialiste des classes populaires parisiennes et des journées de juin 1848. L’objectif affiché de l’article est la compréhension des réseaux de voisinage dans la mobilisation politique inhérente aux journées de juin 1848.

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Jeanne Vincenot. Exposition “la mode du XVIIIe siècle, un héritage fantasmé”

Affiche de l’exposition “La mode du 18e siècle, un héritage fantasmé” à Paris du 14/03 au 12/12/2026L’exposition La mode du XVIIIe siècle, un héritage fantasmé se tient actuellement au Palais Galliera ou musée de la Mode de Paris. L’exposition présente ce que l’héritage de la mode de la noblesse sous Louis XV a produit par la suite dans divers domaines.

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LOLLA FRANCHI. LES ARCHIVES AUDIOVISUELLES DE LA JUSTICE : FILMER DES PROCÈS “HISTORIQUES”

En France, les salles de tribunal sont ouvertes au public – à l’exception de quelques huis clos – mais depuis la loi du 6 décembre 1954 il est interdit de prendre des photographies pendant les audiences. Depuis cette date-là, les seules images provenant du prétoire sont les croquis d’audiences. Quelques dessinateurs fournissent aux médias leurs esquisses, rendant le récit du procès vivant, une manière d’incarner les personnages. À la perspective du procès de Klaus Barbie, ancien SS et chef de la Gestapo lyonnaise pendant la Seconde Guerre mondiale, le garde des Sceaux – ministre de la Justice – Robert Badinter fit adopter une loi. Il s’agit de la loi du 11 juillet 1985, qui a autorisé l’introduction de caméras dans les salles d’audience afin de filmer les procès à des fins historiques.   Continuer la lecture de LOLLA FRANCHI. LES ARCHIVES AUDIOVISUELLES DE LA JUSTICE : FILMER DES PROCÈS “HISTORIQUES”

Bouanani Ihsan. Le Musée d’Ennery – L’Extrême-Orient dans un hôtel particulier parisien

Derrière la façade discrète du 59 avenue Foch se cache un lieu singulier : le Musée d’Ennery, placé sous l’administration du Musée national des arts asiatiques – Guimet. Peu connu du grand public, cet hôtel particulier du XIXᵉ siècle abrite une remarquable collection d’œuvres japonaises, chinoises et coréennes rassemblées par Clémence d’Ennery (1823 – 1898). Conçu dès l’origine pour accueillir ses trésors, l’hôtel particulier se transforme en un véritable musée, où chaque salle et chaque vitrine témoignent de la fascination de sa propriétaire pour l’Extrême-Orient.

Façade du Musée d'Ennery
Musée d’Ennery, 59 avenue Foch, 16e arrondissement, Paris.
  • Une passion reflétée dans la collection

Cette passion se reflète dans ses acquisitions variées : poupées daruma, coffre Nanban en laque, céramiques chinoises, masques, chimères… mais surtout une collection exceptionnelle de 2 500 netsuke1. Ces petits accessoires japonais, utilisés pour suspendre des objets à la ceinture des kimono2, présentent souvent des motifs inspirés du folklore, de la nature ou du quotidien et se réalisent dans différents matériaux, comme le bois ou l’ivoire. Le bois reste cependant le matériau de prédilection, choisi pour sa disponibilité, sa souplesse et son coût abordable. Parmi les essences utilisées : ébène, cyprès, paulownia, bambou et buis. Selon Alain Ducros3, « pour l’amateur, les netsukes qui ont le plus de valeur sont les ouvrages en bois… [ils] expriment mieux que l’ivoire les moindres nuances de l’individualité de l’artiste ».

Vitrines de Netsuke et de Masques Nô du musée d'Ennery
Collection de netsuke et de Masque Nô exposés au Musée d’Ennery, Paris.

Par sa richesse et sa diversité, la collection d’Ennery constitue un témoignage précieux du goût des collectionneurs français pour les arts d’Extrême-Orient au XIXᵉ siècle, un goût qui participe à la diffusion du japonisme en Europe et influence durablement la création artistique occidentale. Continuer la lecture de Bouanani Ihsan. Le Musée d’Ennery – L’Extrême-Orient dans un hôtel particulier parisien