Chaque année, l’ESNA – Empires, sociétés, nations. Amérique, Méditerranée occidentale XVe– XIXe siècles – organise une journée d’audition et d’études. Les mastérants comme les doctorants sont invités à rendre compte de leurs avancées et de leurs découvertes.
Ils ont face à eux un public composé d’étudiants et de chercheurs, et qui peut s’inspirer de ces recherches, ou à l’inverse prodiguer des conseils. L’influence est donc mutuelle. L’édition de 2026 s’est déroulée le 25 mars. Elle a été organisée par deux étudiants de M2 : Inès Mardikian et Nathan Isard, que nous tenons tous à remercier pour leur dévouement et leur gentillesse dans cet exercice.
Cet article explore l’histoire d’Itil, la capitale de l’Empire turco-nomade des Khazars qui a dominé la steppe de l’Europe centrale et de l’Est du VIIème au Xème siècle. Située dans le delta de la Volga, Itil était un centre commercial crucial et un melting-pot de cultures et de religions diverses. La ville a joué un rôle stratégique majeur sur la scène politique et commerciale internationale jusqu’à sa destruction en 965 par les Rus’. L’article discute aussi de l’intérêt, voire de la fascination, historiographique continu pour Itil, surnommée la « capitale perdue ».Continuer la lecture de CLAIRE DESSUS GILBERT. ITIL, CAPITALE DE L’EMPIRE KHAZAR →
Dans La traîne des empires, Gabriel Martinez-Gros approfondit l’exégèse de la théorie des empires de l’historien arabe Ibn Khaldoun développée dans de précédents ouvrages. L’empire doit son succès à sa force pacificatrice qui permet l’essor de l’économie et la création de richesse. Le développement de l’empire entraîne donc l’émergence d’un discours universaliste et pacifiste. Pourtant, pour ne pas sombrer, l’empire a besoin de se référer en permanence à ses origines violentes. C’est de cette contradiction inhérente à la logique impériale que nait la religion universelle. En cantonnant dans la sphère religieuse les idéaux de paix, la religion les neutralise et permet à l’État impérial de maintenir son monopole de la violence. Au-delà de leurs particularismes, le christianisme, le bouddhisme et l’islam sunnite seraient ainsi le produit final des empires romain, chinois et islamique.