Archives par mot-clé : XVIIIe siècle

Marion Pradoux. À la recherche de Mme Dupré de Saint-Maur, tentative d’incursion dans un salon parisien oublié du XVIIIe siècle

L’objectif de la microhistoire n’est pas de réduire l’analyse historique à l’anecdotique, mais à l’inverse d’éclairer différemment les grands événements ou phénomènes historiques. Cette approche autorise « une reconstitution du vécu inaccessible aux autres approches historiographiques », mais permet également de repérer les « structures invisibles » autour desquelles ce vécu est organisé1. En d’autres termes, elle permet ainsi d’une part de lever le voile sur des personnes jusqu’alors ignorées par l’historiographie et, d’autre part, d’analyser et comprendre leur participation à la « grande histoire ». La microhistoire permet ainsi de combler les lacunes induites par les pratiques privilégiant des sources et en négligeant d’autres, à travers la restitution d’expériences individuelles. Aucune étude n’a jusqu’à présent été consacrée à Mme Dupré de Saint-Maur. Elle n’est que très rarement mentionnée dans les analyses, peu nombreuses, des travaux de son mari, membre de l’Académie française. Son nom apparaît parfois dans le cadre d’éditions de correspondances d’hommes des Lumières comme Montesquieu. Enfin, les travaux portant sur son fils Nicolas, intendant de Berry puis de Guyenne, n’ont guère été l’occasion d’approfondir l’étude de Mme Dupré de Saint-Maur. L’enjeu de mes travaux est de dépasser une connaissance superficielle de l’épouse, la mère ou l’amie de tel homme, mais bien de s’intéresser à Mme Dupré de Saint-Maur pour elle-même. Femme de son temps, Mme Dupré de Saint-Maur tient salon. Il m’a semblé intéressant de travailler sur les formes de sociabilité de la noblesse et plus spécifiquement sur la sociabilité du salon robin, ses pratiques sociales et culturelles. Rare espace de sociabilité structuré autour d’une femme2, le salon constitue un lieu d’étude intéressant pour essayer de comprendre le réseau relationnel de Mme Dupré de Saint-Maur ainsi que son positionnement vis-à-vis des idées nouvelles des Lumières, malgré le très faible nombre de sources mentionnant ce salon de la rue Michel le Comte.

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Théo Le Gal. Etienne Mayet, un immigré français au service des rois de Prusse à la fin du XVIIIe siècle

Cet article retrace le destin d’Étienne Mayet, fils de marchand, qui émigra à Berlin en 1776 où il devint le directeur des fabriques du roi de Prusse, Frédéric II. Son parcours s’inscrit dans l’histoire des migrations professionnelles qui caractérisent l’« économie de la circulation » en Europe au XVIIIe siècle. Son histoire singulière nous permet d’aborder, à hauteur d’homme, l’histoire connectée des manufactures de soie lyonnaises et prussiennes.

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Jeanne Vincenot. Exposition “la mode du XVIIIe siècle, un héritage fantasmé”

Affiche de l’exposition “La mode du 18e siècle, un héritage fantasmé” à Paris du 14/03 au 12/12/2026L’exposition La mode du XVIIIe siècle, un héritage fantasmé se tient actuellement au Palais Galliera ou musée de la Mode de Paris. L’exposition présente ce que l’héritage de la mode de la noblesse sous Louis XV a produit par la suite dans divers domaines.

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Vincent Ducruet. “La révolution française dans les Alpes. Dauphiné et Savoie, 1789-1799”, de Jean Nicolas

Jean Nicolas, historien reconnu de l’histoire de la Savoie, nous a quitté en août de cette année 2025. Son ouvrage clé, La Révolution française dans les Alpes, est un passage obligé pour tout étudiant désireux de découvrir cet espace et aborder la question de la projection révolutionnaire au delà des frontières françaises. Il est une synthèse d’un travail de plusieurs décennies : sortir du prisme religieux et politique, pour proposer une passionnante histoire sociale et économique, traitant le phénomène contre-révolutionnaire savoyard comme un événement protéiforme et complexe.

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Marion PRADOUX. Compte rendu de lecture: L’autre famille royale. Bâtards et maîtresses d’Henri IV à Louis XVI de Flavie Lerou

Flavie Leroux est docteure en Histoire et civilisations de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) et travaille actuellement comme chercheuse au Centre de recherche du château de Versailles. Sa thèse intitulée Maîtresses des premiers rois bourbons. Femmes, fortunes familiales et pouvoir royal est soutenue en 2017, puis publiée en 2020. Cette thèse avait pour objectif l’étude de l’articulation entre pouvoir et faveur féminine, mais également la mise en lumière des spécificités de cette faveur, à travers l’étude des enfants et des maîtresses des premiers Bourbons et de l’impact de cette faveur sur la famille des maîtresses royales. L’ouvrage présenté ici intitulé L’autre famille royale. Bâtards et maîtresses d’Henri IV à Louis XVI est publié en 2022 et s’appuie sur les précédents travaux réalisés dans le cadre de la thèse de Flavie Leroux. Ce livre apporte également des éléments complémentaires, notamment liés aux règnes de Louis XV et de Louis XVI. Rappelons dans cette introduction que l’existence de maîtresses officielles est courante chez les rois de France, comme par exemple Charles VI ou Charles VII, qui ont eu également des enfants naturels. Si ces enfants sont soutenus par leur père, ils demeurent cependant traditionnellement dans une position marginale. Les relations hors mariage sont en effet strictement réprouvées par l’Église, moralement mal vues par l’ensemble de la société et les enfants illégitimes, appelés bâtards, sont non seulement stigmatisés, mais évidemment aussi juridiquement exclus de la succession de leur père. Au regard des enjeux liés à la construction dynastique, ce point est particulièrement crucial pour la famille royale. A partir de Henri IV, les rois assument peu à peu cette famille non légitime à laquelle ils accordent des bienfaits de multiples natures. Flavie Leroux s’intéresse à l’évolution de cette coexistence entre la famille légitime et « l’autre famille », aux objectifs et aux raisons qu’ont les Bourbons d’assumer et de soutenir ouvertement cette « famille parallèle », voire dans certains cas de l’associer et même de l’intégrer à la famille royale. Continuer la lecture de Marion PRADOUX. Compte rendu de lecture: L’autre famille royale. Bâtards et maîtresses d’Henri IV à Louis XVI de Flavie Lerou

Nerrand Mathilde. Compte rendu de lecture : Le grand massacre des chats par Robert Darnton

          L’ouvrage de Robert Darnton, The Great Cat Massacre and Other Episodes in French Cultural History, est publié en 1984 aux éditions Basic Books dans sa version originale. Son travail est rendu accessible aux francophones un an plus tard grâce à sa traduction, Le Grand Massacre des Chats. Croyances et attitudes dans l’ancienne France, parue aux éditions Robert Laffont. Depuis, il fait régulièrement l’objet de rééditions. Continuer la lecture de Nerrand Mathilde. Compte rendu de lecture : Le grand massacre des chats par Robert Darnton

Inès Mardikian. Nathan Perl-Rosenthal et l’ Âge des Révolutions

Ce jeudi 6 mars 2025, pour la sixième séance du séminaire « Émeutes , race et révolution dans les mondes atlantiques connectés, du milieu du XVIIe siècle aux années 1830 », animé par les professeurs Messieurs Exbalin et Ferradou , nous avons eu le plaisir et l’honneur de recevoir l’historien américain et professeur à l’University of Southern California :  Nathan Perl-Rosenthal. Pour cette séance exceptionnelle, les étudiants avaient à lire l’introduction, et deux des chapitres de son dernier livre intitulé The Age of Revolutions and the Generations Who Made It.   la construction de ces deux chapitres, revenant sur sa méthode et les problèmes rencontrés lors de sa recherche, les sources qu’il a exploitées, les choix d’écriture qu’il a faits et les enjeux historiographiques qui ont guidé son travail. Continuer la lecture de Inès Mardikian. Nathan Perl-Rosenthal et l’ Âge des Révolutions

Mathieu NEE.L’ascension sociale d’une famille militaire à la Martinique : le cas des Crocquet (XVIIe-XVIIIe siècles).

C’est en explorant la série E des Archives Nationales d’Outre-Mer (ANOM) localisées à Aix-en-Provence pour mon mémoire de Master que j’ai découvert par hasard le fascinant parcours de la famille Crocquet. Bien que cette famille martiniquaise soit éloignée de mon sujet de recherche principal – La querelle des biens des Jésuites à la Martinique – les mécanismes d’ascension sociale qu’elle illustre m’ont tant captivé que j’ai souhaité partager avec vous cette histoire d’une construction ascendante d’une notabilité créole. À travers l’étude des dossiers personnels militaires et administratifs de la famille Crocquet à la Martinique, se dessine l’épopée d’une famille qui, sur quatre générations, est parvenue à s’élever dans la hiérarchie coloniale martiniquaise par le service militaire, les alliances matrimoniales stratégiques et l’exploitation sucrière. Continuer la lecture de Mathieu NEE.L’ascension sociale d’une famille militaire à la Martinique : le cas des Crocquet (XVIIe-XVIIIe siècles).

Canet Justine. Féminisation des noms de métiers : les couturières et les sous-maîtresses

Si les travaux d’aiguille font aisément écho au métier de couturière, l’usage de l’aiguille est surtout masculin sous l’Ancien Régime, comme le montre l’historienne et anthropologue Nicole Pellegrin dans son article « Les vertus de “l’ouvrage”. Recherches sur la féminisation des travaux d’aiguille (XVIe-XVIIIe siècles) ». Chargée de recherche honoraire au CNRS depuis 2009, Nicole Pellegrin est spécialiste de l’histoire du genre et de l’anthropologie du vêtement. Elle soutient sa thèse d’histoire en 1979, intitulée Les bachelleries : organisations et fêtes de la jeunesse dans le Centre-Ouest du XVe au XVIIIe siècle, sous la direction de Pierre Goubert. Continuer la lecture de Canet Justine. Féminisation des noms de métiers : les couturières et les sous-maîtresses

Auguste MESLET. Exposition au musée Carnavalet : Paris 1793-1794. Une année révolutionnaire

L’année 1793-1994, « An II » du calendrier républicain est l’un des moments les plus contrastés de la Révolution française. L’exposition Paris 1793-1794. Une année révolutionnaire revient sur l’héritage laissé par cette année charnière connue à la fois comme la « Terreur », soulignant la tournure autoritaire que prend la révolution dans cette année, et à la fois comme un moment de relance des utopies révolutionnaires. L’exposition se tient au musée Carnavalet dans le 3e arrondissement de Paris. Ce musée, consacré à l’histoire de la ville de Paris, contient l’une des plus importantes collections datant de la Révolution française.   

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